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Les vaccins de l'adulte en France, âge par âge et situation par situation

Les vaccins de l'adulte en France, âge par âge et situation par situation

Passé 25 ans, la vaccination adulte suit le calendrier vaccinal en quelques rendez-vous fixes : rappels DTP à 25, 45 et 65 ans puis tous les dix ans, coqueluche à 25 ans, puis des vaccins recommandés selon l'âge, la grossesse, une maladie chronique ou le métier exercé.

Pour tout le monde
Diphtérie, tétanos, poliomyélite à 25, 45, 65 ans puis tous les dix ans ; coqueluche associée à 25 ans.
Après 65 ans
Grippe chaque automne, Covid-19, pneumocoque, zona ; virus respiratoire syncytial à partir de 75 ans ou plus tôt en cas de fragilité.
Pendant une grossesse
Coqueluche à chaque grossesse, grippe en saison, quel que soit le trimestre.

Quel est le calendrier des vaccinations de l'adulte ?

Le calendrier des vaccinations est publié chaque année par le ministère chargé de la santé, sur avis de la Haute Autorité de santé (HAS). Pour l'âge adulte, il repose sur un principe simple : des rendez-vous à âge fixe, communs à toute la population, auxquels s'ajoutent des vaccins réservés à certaines personnes selon leur état de santé, leur métier ou un projet de grossesse.

Les rendez-vous à âge fixe ont été alignés pour être faciles à retenir. Ils tombent à 25, 45 et 65 ans, puis à 75, 85 et 95 ans : à partir de 65 ans, l'intervalle se resserre à dix ans parce que la réponse du système immunitaire faiblit avec l'âge. Chacun de ces rendez-vous est aussi l'occasion pour le médecin de contrôler le reste du carnet de vaccination.

Âge ou situationVaccins recommandés
25 ansDiphtérie, tétanos, poliomyélite et coqueluche (dTcaPolio)
45 ansDiphtérie, tétanos, poliomyélite
65 ansDiphtérie, tétanos, poliomyélite ; grippe chaque année ; Covid-19 ; pneumocoque ; zona
75 ans et plusDiphtérie, tétanos, poliomyélite tous les dix ans ; virus respiratoire syncytial (VRS)
Femme enceinteCoqueluche à chaque grossesse ; grippe en période épidémique ; Covid-19
Maladie chroniqueGrippe annuelle, pneumocoque, Covid-19, parfois hépatite B ou zona avant 65 ans

Quels vaccins sont obligatoires pour les adultes ?

Pour la population générale vivant en métropole, aucun vaccin n'est obligatoire à l'âge adulte. Les onze vaccins obligatoires concernent les enfants nés depuis le 1er janvier 2018, et l'ancienne obligation diphtérie, tétanos, poliomyélite ne s'appliquait qu'à l'enfance. Les vaccins de l'adulte sont donc des vaccins recommandés, ce qui ne signifie pas facultatifs : ils protègent contre des maladies qui tuent encore chaque année en France, le tétanos en tête, qui frappe surtout des personnes âgées dont les rappels n'étaient plus à jour.

Trois situations font exception. Certains professionnels exposés, dans les établissements de santé notamment, sont soumis à une obligation vaccinale contre l'hépatite B fixée par le Code de la santé publique. En Guyane, la fièvre jaune est obligatoire pour toute personne de plus d'un an qui y réside ou s'y rend. Enfin, plusieurs pays exigent un certificat de vaccination à l'entrée : un voyage se prépare donc avec un médecin ou un centre de vaccinations internationales, plusieurs semaines avant le départ.

Les rappels qui protègent toute la vie : diphtérie, tétanos, coqueluche

Le rappel le plus souvent oublié est celui du tétanos. La bactérie vit dans la terre et pénètre par une plaie souillée, une épine de rosier ou une morsure ; la maladie ne se transmet pas d'une personne à l'autre et l'immunité acquise par la vaccination ne protège que la personne vaccinée. Après une blessure, le soignant vérifie la date de la dernière injection : si elle est trop ancienne, une dose est faite le jour même, parfois avec des immunoglobulines.

La coqueluche est souvent prise pour une maladie de l'enfant. En réalité, l'infection circule beaucoup chez l'adulte, sous forme d'une toux qui traîne des semaines, et ce sont les parents, les grands-parents ou les soignants qui la transmettent aux nourrissons trop jeunes pour être vaccinés. D'où la dose de coqueluche associée au rappel de 25 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 39 ans révolus pour qui l'a manquée, et la stratégie dite du cocooning : vacciner l'entourage d'un futur bébé.

La rougeole entre aussi dans ce bilan. Toute personne née depuis 1980 doit avoir reçu deux doses de vaccin rougeole, oreillons, rubéole (ROR) ; un adulte qui n'en a qu'une, ou aucune, se rattrape sans limite d'âge, car la rougeole adulte est souvent plus sévère que chez l'enfant. Le vaccin contre les papillomavirus (HPV), proposé à l'adolescent, garde enfin une fenêtre de rattrapage chez le jeune adulte : l'âge limite est fixé par le calendrier en vigueur, et le médecin dit s'il est encore nécessaire.

Grippe, Covid-19, pneumocoque : la protection des adultes à risque

La grippe saisonnière se vaccine chaque automne, parce que les souches changent d'une année sur l'autre et que la protection s'estompe en quelques mois. La campagne vise les personnes de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, maladie rénale, obésité sévère, immunodépression), l'entourage des nourrissons fragiles et les professionnels de santé. Ces publics reçoivent de l'Assurance maladie un bon qui permet d'obtenir le vaccin sans avance de frais. Pour distinguer une vraie grippe d'un simple refroidissement, les signes qui orientent sont décrits avec la différence entre grippe et rhume.

Le vaccin contre le Covid-19 suit la même logique de rappel annuel pour les plus âgés et les personnes à risque, souvent en même temps que celui de la grippe, sur deux bras différents.

Le pneumocoque, bactérie responsable de pneumonies et de méningites, fait l'objet d'une recommandation étendue à toutes les personnes de 65 ans et plus, et maintenue avant cet âge pour les adultes à risque : insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale, cirrhose, immunodépression, mais aussi un diabète de type 2 mal équilibré. Une seule injection du vaccin conjugué actuel suffit dans la plupart des cas, ce qui simplifie l'ancien schéma en deux temps.

Zona et VRS : les vaccins récents du grand âge

Le zona résulte du réveil du virus de la varicelle, resté dormant dans l'organisme depuis l'enfance. Il touche environ une personne sur quatre au cours de la vie, plus souvent après 50 ans, et sa complication la plus redoutée, la douleur post-zostérienne, peut durer des mois. Le vaccin recombinant, en deux doses espacées de deux mois, est recommandé à toutes les personnes de 65 ans et plus et, dès 18 ans, aux adultes dont l'immunité est affaiblie par une maladie ou un traitement.

Le virus respiratoire syncytial (VRS), connu pour la bronchiolite du nourrisson, provoque aussi chaque hiver des infections pulmonaires graves chez la personne âgée. La HAS recommande désormais une vaccination à partir de 75 ans, et dès 65 ans en cas de maladie respiratoire ou cardiaque chronique. Elle se fait en une injection, de préférence avant l'arrivée de l'épidémie.

Vaccination et grossesse : que faire avant, pendant et après ?

Avant même la grossesse, un projet d'enfant est le bon moment pour vérifier deux vaccins vivants qui ne peuvent plus être faits ensuite : le ROR, qui protège contre la rubéole responsable de malformations graves du fœtus, et celui de la varicelle pour une femme qui ne l'a jamais eue. Une contraception est conseillée pendant le mois qui suit l'injection.

Pendant la grossesse, trois vaccins sont recommandés. La coqueluche se vaccine à chaque grossesse, de préférence entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée : les anticorps de la mère passent le placenta et protègent le bébé pendant ses premières semaines de vie, avant ses propres vaccins. La grippe est conseillée en saison, quel que soit le trimestre, car la femme enceinte fait plus de formes graves. Le Covid-19 suit les recommandations de la saison. Un vaccin contre le VRS peut aussi être proposé en fin de grossesse pour protéger le nouveau-né, en alternative à l'anticorps donné au bébé à la naissance.

Après l'accouchement, si la mère n'a pas été vaccinée contre la coqueluche pendant la grossesse, elle peut l'être tout de suite, comme le père et l'entourage proche. L'hépatite B, elle, ne concerne la grossesse que par le dépistage systématique, qui permet de protéger l'enfant dès la naissance si la mère est porteuse du virus.

Comment se faire vacciner en France quand on est adulte ?

Le médecin traitant reste l'interlocuteur naturel, mais il n'est plus le seul. Les sages-femmes, les infirmiers et les pharmaciens peuvent aujourd'hui vacciner les adultes pour la plupart des vaccins du calendrier, ce qui évite parfois un rendez-vous supplémentaire. Les centres de vaccination publics et les centres de vaccinations internationales complètent ce réseau, notamment pour les voyageurs.

Côté remboursement, les vaccins inscrits au calendrier sont pris en charge à 65 % par l'Assurance maladie, la mutuelle couvrant le plus souvent le reste : le contrat de mutuelle précise ce point, et certaines mutuelles remboursent aussi des vaccins hors calendrier. Le vaccin contre la grippe est pris en charge à 100 % pour les publics ciblés, sur présentation du bon. Les vaccins du voyage à l'étranger, eux, sont rarement remboursés par l'assurance maladie ; une mutuelle peut en prendre une part. Le site ameli rassemble ces informations, et le compte en ligne de l'assuré permet de retrouver les remboursements passés, une information utile pour dater une ancienne injection.

Le site Vaccination Info Service, édité par Santé publique France, répond aux questions courantes et propose un outil qui indique, selon l'âge et la situation, les vaccins à faire. C'est la source de référence pour les adultes qui veulent préparer leur consultation, avec des fiches d'information et de conseil par vaccin et par situation, ainsi que les avis de l'agence sanitaire.

Vérifier son carnet sans tout recommencer

Beaucoup d'adultes ne savent plus où est leur carnet de vaccination. Le premier réflexe est de consulter Mon espace santé : les vaccinations enregistrées par les professionnels de santé y figurent. Le dossier du médecin traitant, l'ancien carnet de santé de l'enfance ou les certificats de vaccination du service de santé au travail complètent souvent le tableau.

Ce qui rassure, c'est qu'en vaccination une dose faite n'est jamais perdue. Un schéma interrompu se reprend là où il s'était arrêté, sans tout recommencer, et le médecin calcule un rattrapage adapté à l'âge et aux doses déjà reçues. En l'absence totale de données, il considère la personne comme non vaccinée et propose un schéma complet, sans danger pour celle qui aurait en fait déjà été vaccinée. Pour quelques maladies infectieuses, comme l'hépatite B ou la rougeole, une sérologie (prise de sang) peut vérifier l'immunité avant de décider ; la sérologie est aussi demandée aux personnels de santé soumis à l'obligation. Les antécédents médicaux, eux, orientent vers une vaccination spécifique : il est utile de consulter un professionnel de santé avec la liste de ses traitements.

Cette mise à jour gagne à s'inscrire dans un bilan de prévention plus large : tension, cholestérol et dépistages font partie de la même démarche, que décrit notre dossier sur la prévention des maladies cardiovasculaires.

Quels sont les effets des vaccins chez l'adulte ?

Un vaccin entraîne le système immunitaire à reconnaître un microbe sans subir la maladie. Les effets les plus fréquents en découlent directement : douleur, rougeur ou gonflement au point d'injection, fatigue, maux de tête ou petite fièvre pendant un à deux jours. Le vaccin contre le zona est connu pour des réactions locales plus marquées, sans gravité.

Les réactions allergiques graves sont exceptionnelles, de l'ordre d'un cas pour plusieurs centaines de milliers de doses, et c'est pourquoi le professionnel qui vaccine garde la personne en observation quelques minutes. Tout effet inhabituel peut être déclaré par le patient lui-même sur le portail de signalement du ministère, suivi par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une grippe ou un rhume en cours, sans fièvre importante, ne contre-indique pas la vaccination.

Carnet perdu, rappel oublié, voyage : les cas particuliers des vaccins d'adulte

Mon dernier rappel date de plus de vingt ans, est-ce grave ?

Ce n'est pas grave, mais il faut le faire sans attendre. Le médecin ne recommence pas tout : une seule injection suffit le plus souvent, puis l'on reprend le calendrier au rendez-vous d'âge suivant.

Peut-on faire plusieurs vaccins le même jour ?

C'est possible et même fréquent. Grippe et Covid-19, par exemple, se font le même jour sur deux bras différents, sans perte d'efficacité ni surcroît d'effets indésirables.

Faut-il se faire vacciner avant de voyager ?

Tout dépend de la destination. Certains vaccins sont exigés à l'entrée d'un pays, d'autres conseillés : une consultation de quatre à six semaines avant le départ laisse le temps aux vaccins d'agir.

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